COMMISSARIAT D’EXPOSITION ELISE HERSZKOWICZ


Lignées présente des installations immersives où les matériaux bruts et usinés des villes se combinent à des éléments végétaux et minéraux. Le visiteur est convié à la découverte d’une esthétique où se côtoient formes et matières à la fois familières et inattendues.

Sur l’invitation de la Mairie du 20e et d’Art Azoï, Romain Froquet propose Lignées, une exposition où il décline sa vision des différents flux et échanges à travers des représentations plastiques et picturales.




NOTE D'INTENTION

Lignées, lignes, traces, empreintes, flux… autant de mots, de sens, de ressentis, de transcriptions picturales et sensorielles comme une invitation au voyage.

Avec Lignées, j’offre ma vision des différents flux et échanges à travers mes représentations plastiques et picturales. Aux matériaux bruts des villes, comme le béton, l’acier, le bitume, viennent s’ajouter des matériaux usinés comme des câbles et des éléments naturels comme le bois, la roche… La combinaison de ces éléments dans mes créations offre au visiteur une immersion dans un nouvel univers, à la fois familier et inconnu, au fil de déambulations dans les différents espaces d’exposition du Pavillon Carré de Baudouin. Je travaille la ligne depuis de nombreuses années avec mon propre langage pictural, fait de courbes et de tracés fluides et précis.

L’univers urbain est mon inspiration principale et nourrit ma réflexion et ma création. Mon travail de la ligne est multiple et revêt plusieurs significations. Pour moi, la ligne c’est d’abord ce qui nous lie, ce qui nous rejoint, à l’image des routes petites ou grandes que l’on emprunte pour aller d’un point à un autre, pour découvrir de nouveaux territoires, faire de nouvelles rencontres. Comment ne pas penser à la ligne d’horizon, celle qui évoque les voyages au-delà des frontières, celle qui permet le rêve et l’évasion. Sans oublier les flux migratoires d’hier et d’aujourd’hui, ces femmes et hommes sur les routes de l’exil à la recherche d’une terre d’accueil et d’un renouveau.

Aux routes et autoroutes, version urbaine de la ligne, s’ajoutent des fils plus immatériels à l’image des flux d’information qui s’échangent au quotidien à travers le monde et transitent par l’espace via les satel-lites pour arriver jusque dans nos foyers tous continents confondus.

La ligne c’est également la transmission, ce lien entre les généra-tions, cette volonté de laisser une empreinte sur terre.Avec les paysages naturels et plus particulièrement les arbres, autre source d’inspiration de mon travail, je propose une interprétation plus terrienne de la ligne qui renvoie l’homme à ses racines et également à ses excès. Urbanisation à outrance, déforestation, no man’s land, opposition entre villes et banlieues, entres villes et campagnes, fracture sociale et numérique…

La ligne devient obstacle, elle désunit, crée des fron-tières, divise et oppose.Comment réconcilier l’urbain et le rural, la modernité et la tradition, la transmission, le devoir de mémoire et l’oubli ?J’accentue le potentiel binaire de la ligne en prenant le parti du noir et du blanc, pour les différentes œuvres de Lignées que je présente, qu’il s’agisse de toiles, de photos, de vidéos ou d’installations, pour déstabiliser et bousculer le visiteur plus habitué à d’autres choix de couleurs. Cette forme de neutralité est une force et une invitation à ouvrir les yeux, à se détacher des stimulations colorimétriques consensuelles et conventionnelles pour voir autrement ce qui nous entoure et se concentrer sur l’essentiel, le lien.

ROMAIN FROQUET


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